17 avril 2009

Indiana Jones and the Kingdom of the Cristal Skull (Blu-ray)

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Si Steven Spielberg pensait avoir bel et bien clôturé depuis longtemps la saga Indiana Jones au moyen de son magnifique plan final, à savoir : Indy, son père, Marcus, et Sallah s’éloignant au galop vers le soleil couchant (difficile en effet de faire une image plus parlante), l’idée de faire reprendre du service à notre bon professeur hanta les nuits de Georges Lucas pendant de nombreuses années. Après une période de gestation incroyablement longue, que l’on pourrait alors assimiler Papi Georges harcelant sans relâche Tonton Steevy, le 4e épisode des aventures d’Indiana Jones se mit enfin en branle notamment grâce à la bonne volonté d’Harrisson Ford, qui finit de convaincre Spilelberg que "ça pourrait être marrant d’en faire encore un". Problème maintenant que tout le monde était d’accord : Ford, justement, avait bien vieilli.

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"Ca pourrait être marrant d'en faire encore un. Avant que je crève."

A ce titre, la réussite de Cristal Skull réside dans l’idée principale du film, qui est d’assumer totalement l’âge de Ford, et donc d’Indy, pour nous montrer notre héros favori sous un jour nouveau : celui d’un homme vieillissant, ayant vécu de nombreuses aventures "hors cadre" (il aurait entre autre été agent double pour le compte de la CIA) et connu quelques tragédies personnelles (la perte de son père et de Marcus). Ce postulat de base entraîne alors un changement de décors immédiat : Harrisson Ford ayant pris plus de 30 piges depuis le premier Indiana Jones, le contexte du film en sera décalé tout autant, propulsant l’intrigue de cette nouvelle aventure en plein dans l’Amérique des fifties. Cet épisode nous permet donc de contempler une nouvelle facette, inédite dans la série, de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique. Notre bon professeur Jones retrouve donc sa place habituelle, à savoir celle d’un témoin universel, nous embarquant de mythes poussiéreux en découvertes incroyables afin de rendre compte à ses côtés des évènements les plus importants de l’Histoire, explorant à chaque fois un peu plus en avant toute la palette des fantasmes et légendes d’une époque bien précise.

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"J'espère que c'est pas un truc naze, la surprise..."

Et à propos d’époque, ainsi que semble nous le crier la scène d’introduction du film, place donc ici au rock n’roll ! Les années 50 représentent en effet pour Spielberg et Lucas l’opportunité de livrer une ambiance différente des métrages précédents, figés qu’ils étaient dans leur contexte oppressant de seconde guerre mondiale (on se rappelle encore de la scène d’Indy faisant face à Hitler lui-même). Dans cette optique, ce quatrième épisode se révèle forcément plus léger, moins "classique" et peut être un peu plus fou dans ses idées que la trilogie le précédant. Les nazis ont disparu et la menace se situe maintenant à l’Est : nous sommes en pleine guerre froide, les communistes sont partout et la chasse aux sorcières fait rage. Les bikers livrent une guerre sans merci aux joueurs de foot pour le titre de type le plus cool de l’année, et de la paranoïa ambiante émerge nombre de mythes modernes qui n’ont cessé de nous hanter depuis. Car oui, propulser Indy dans les années 50, c’est forcément le confronter aux mystères de la zone 51 (utilisée en tant que référence très intelligente au premier opus) et… des extra-terrestres.

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"Hein ?!"

Et si l’on touche là au point qui fait le plus débat quant à dire si oui ou non Cristall Skull est bel et bien un  "vrai" Indiana Jones, il faut savoir que cette idée traîne dans la tête de Lucas depuis… La Dernière Croisade !! On apprend ainsi éberlués, dans les bonus du Blu-ray, comment Papi Lucas souhaitait de prime abord aborder le "problème" de manière encore plus frontale, intitulant ses premiers scripts "Indiana Jones and the Saucermen" (en gros : "Indy contre les martiens" <.<). Spielberg, déjà pas très chaud vis-à-vis de l’idée, l’envoya carrément bouler après avoir vu… Independance Day !! o_O En effet, le film le marqua tellement qu’il ne voulut plus entendre parler d’extra-terrestres, estimant que le genre avait été exploité à fond avec le film de Roland Emmerich. Mais un jour, Papi Georges vint prendre le thé chez Tonton Steevy en lui disant :

- J’ai une nouvelle idée, une super idée pour Indy IV.
- Pas un truc avec des extra-terrestres, encore ? lui répondit notre facétieux tonton.
- Non, non, promis, pas avec des extra-terrestres.
- Alors ? Dis-moi, tu m’intéresses !!
- Ce sera avec des êtres… inter-dimensionnels.
- Des… des quoi ?
- Des êtres inter-dimensionnels. Cool, non ?
- Mais Georges, qu’est-ce que c’est encore que ce truc ? Et puis… Ils ressembleront à quoi, tes êtres inter-dimensionnels ?
- A des extra-terrestres.
- ...   -_-‘

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"Suck my cock."

Cette anecdote, racontée de la bouche même de Spielberg dans les bonus (hilarants) du film, montre bien la direction que Lucas a toujours voulu faire suivre à ses sagas ; à savoir celle de serials ne se prenant pas au sérieux, cherchant avant toute chose à susciter le divertissement pur et n’ayant finalement pas grand-chose à carrer des notions de "culte" dont elles font systématiquement l’objet. Pour autant, et aussi con que puisse paraître l’idée (les auteurs de South Park ne s’en sont toujours pas remis) la structure du métrage reste exactement la même que celle des épisodes précédents : Indiana Jones se retrouve en effet seul face à des ennemis en surnombre, des ennemis souhaitant l’utiliser pour retrouver un artefact perdu qui leur donnerait les moyens d’arriver à leurs fins. Comme d’habitude, ce sont ces ennemis qui justement mettent Indy sur la piste de l’objet, un objet qui jusque là faisait figure de simple légende pour le professeur. Au bout de l’aventure, le pouvoir mystérieux de l’artefact sera forcément relâché, mais uniquement pour châtier les soldats du mal, faisant alors d’Indy le témoin de cette formidable démonstration de puissance.

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"L'aventure, c'est l'aventure !"

N’en déplaise à ses détracteurs, Indiana Jones IV est donc bel et bien construit comme un pur film d’aventures, à l’instar de ses prédécesseurs. Il s’agit ici de divertissement, comme ça a toujours été le cas avec cette série. Les situations rocambolesques et l’aspect léger des dialogues rentrent donc entièrement dans le cahier des charges de la saga : le fait qu’Indy réussisse à survivre à un essai nucléaire en se cachant simplement dans un frigo est peut être irréaliste, mais certainement pas déplacé. Pensez donc ! Dans les épisodes précédents, notre bon professeur Jones a survécu à un crash d’avion sans avoir le moindre parachute, à détruit un char d’assaut nazi avec un simple caillou ou encore a vu un homme se faire arracher le cœur sans pour autant mourir ! Alors oui, peut être bien que c’est n’importe quoi. Mais c’est Indiana Jones. Ca l’a toujours été. Tout comme l’a toujours été pour la série la course aux effets visuels, cherchant systématiquement à user des trucages derniers cris pour nous livrer des images époustouflantes (on pense à la course de chariots dans la mine d’Indy II, sorte de pod-race avant l’heure). Dans cette optique, le recours aux images de synthèse tant décriées n’en demeure que plus logique. Le temps a passé, et les effets visuels ont naturellement évolué. Pourquoi diantre Indiana Jones n’aurait-il pas droit à des scènes d’action aussi spectaculaires que le King Kong de Jackson ?

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"Il est où le grand singe, là, que je le défonce ?" xD

La réponse se trouve sans doute enfouie dans le tombeau d’un conflit générationnel, les détracteurs de ces nouvelles aventures se retrouvant coincés entre leurs souvenirs sacralisés et l’inévitable envie de revivre leurs émotions d’antan. Mais les temps ont changé, et Indy a vieilli. Les images de synthèse omniprésentes dans le film semblent d’ailleurs en attester, renvoyant au contexte même du métrage, nous présentant le professeur Jones comme un anachronisme, un "vestige du passé" ne correspondant plus à l’époque dans laquelle il évolue. Indy reste le même, mais le monde change. Et les marmottes sont à présent faites de 0 et de 1.

"No Indy in digital ?" Justement, les enfants. Justement. C'est lui le dernier, à ne pas être "digital", contrairement à tout le reste. Il est le dernier vestige d’un cinéma d’antan, les derniers restes de chair et de sang d’un monde en proie à la beauté numérique et à la HD. Indy, l’homme, a vieilli. Ce n’est plus qu’un grand-père. Mais sa légende, elle, est éternelle. Et si l’on ne peut empêcher la forme de ses aventures d’évoluer, entrainées qu’elles sont par la course inéluctable du temps, le fond, lui, restera toujours le même. Indy stays Indy. Et n’en déplaise au pourtant très bon Shia LaBeouf (qui aurait certainement apprécié un vrai passage de relais),  Harrisson Ford portera toujours dans nos cœurs le chapeau du professeur Henry Jones Junior.

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09 avril 2009

Dragon Ball Kai (01)

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Chose amusante : alors que les américains paient leurs respects à la saga phare d’Akira Toriyama en la faisant "évoluer" vers le monstre abominable de nullité que l’on sait, les japonais se tournent une nouvelle fois vers l’un des piliers majeurs de leur culture pop afin de rappeler une fois pour toute qui est le taulier.

Car oui, Dragon Ball revient sur les écrans de télévision japonais.

A l’évidence, il serait tentant de ne voir en Dragon Ball Kai qu’une énième tentative de faire du fric sur la licence la plus juteuse de toute l’histoire du Japon. On aurait pourtant tord d’arrêter là notre raisonnement, tant ce re-launch représente un évènement majeur pour les Otakus de la planète. Evacuons le débat d’entrée de jeu : bien sûr que Dragon Ball Kai est destiné à faire du blé. Mais au vu du résultat, il serait malhonnête de prétendre qu’il s’agit là de sa seule et unique raison d’être.

Car Dragon Ball Kai constitue tout simplement le retour du shonen le plus populaire de tous le temps, traité avec des moyens modernes et un respect sans commune mesure pour l’œuvre originale de maître Toriyama. C’est tout autant un cadeau en or massif aux fans de la saga que l’occasion pour la nouvelle génération de découvrir cette fantastique série, prouvant une fois pour toutes que rien ni personne n’a réussi depuis à l’égaler.

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Luffy, fils spirituel de Goku, file un coup de main pour la promo de DBKai.

Globalement, le projet se veut orienté autours de trois axes : une remastérisation en haute définition de l’image couplé à un nouveau cadrage 16/9, un montage resserré faisant l’impasse sur toute forme de HS et enfin une bande sonore totalement refaite, ceci incluant bien sûr les bruitages, retravaillés, mais aussi les doublages entièrement neufs et les musiques toutes inédites.

Sur la table, le projet avait vraiment de la gueule. Qu’en est-il donc aujourd’hui, maintenant que le premier épisode est sorti ?  Autant l’avouer tout de suite : si vous aussi vous vous êtes sentis salis et détruits par le monstre Dragonball Evolution, le visionnage de Dragon Ball Kai vous fera sans aucun doute monter les larmes aux yeux. Des larmes de joie, et de gratitude.

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Retour à la vraie Kame House ! Avec le vrai Tortue Géniale ! :D

Pour commencer : le nouveau générique, absolument splendide, provoquera de véritables frissons au moindre fan. Son Goku et ses amis virevoltent et balancent des Kamehameha dans tous les sens, au rythme de graphismes nerveux et d’une image sublime, accompagné pour l’heure d’une toute nouvelle chanson comme seuls les japonais savent les faire. Le thème légendaire de Dragon Ball Z (le fameux "Cha-la Head-cha-la"), faisant quasiment office d’hymne nationale pour le moindre japonais et présent dans tous les jeux musicaux sortis sur l’archipel nippon depuis plus de 20 ans, est donc absent de cette nouvelle version. Pourtant, il ne vous manquera qu’environ un dixième de seconde tant l’énergie communicative de l’anime tend à faire oublier tout ce que vous savez de l’univers de Dragon Ball. Il s’agit ici de repartir de zéro, de tout recommencer, et de faire ça bien. Et la toute première scène de l’épisode d’enfoncer le clou de manière magistrale…

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"Surprise..."

En nous montrant Freezer dès les 5 premières secondes !! o_O Dragon Ball Kai s’ouvre ainsi sur la dernière bataille de Bardock, le père de Son Goku, alors qu’il tentait de sauver la planète Béjita de la tyrannie de Freezer. D’emblée, la logique de l’anime saute à la gueule : il s’agit ici de restaurer la légende, de redéfinir le mythe de Dragon Ball. Les doublages ayant été entièrement refaits, les concepteurs de la série peuvent changer les dialogues à loisir afin de les rendre plus cohérents avec le backgound général. Nous avons donc droit à un Bardock lançant un ultime assaut contre Freezer afin de protéger le destin de son monde natal, mais aussi celui de son fils. Alors que Freezer fait voler en éclats la planète, Bardock se voit prit d’une vision : celle de son fils, dans le futur, affrontant Freezer. L’homme arbore un dernier sourire alors qu’une explosion gigantesque anéantit toute forme de vie… Tandis qu’un dernier petit vaisseau file à toute vitesse vers la Terre, sur fond d’une musique héroïque au possible.

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Bardock, véritable héros des Sayajins.

Le ton de la séquence, magistral, renvoie immédiatement Son Goku à l’image d’un sauveur. Pour un peu, on se croirait dans Superman !! o_O Cette première scène, tout bonnement géniale, pose immédiatement les bases de ce que sera Dragon Ball Kai : aucune image ici n’est inédite. Dans la série originale, des flash-backs rapides nous renvoyaient à cette histoire, mais pas avant une bonne soixantaine d’épisodes, et certainement pas montée de manière aussi dramatique. Le plan de Son Goku face à Freezer est tout simplement tiré du combat qui les opposera plus tard. Mais l’intelligence du montage fait ici toute la différence, prouvant la volonté de restituer clairement la mythologie des Sayajins et de faire de Son Goku leur sauveur. Quand on se rappelle comment les responsables de l’anime avaient à l’époque traité cette mythologie (au profit d’un HS innommable dans lequel on nous expliquait que les Sayajins étaient des sortes d’hommes préhistoriques, ayant piqué la technologie de leurs cousins germains intelligents mais weakso_O wtf ?) on ne peut qu’applaudir des deux mains devant ce juste retour des choses.

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Végéta, grand méchant de ce premier arc scénaristique.

L’épisode se poursuit par un résumé détaillant les évènements de la première saga Dragon Ball, sur un fond de musique festive qui vous mettra du baume au cœur pour la journée. En l’espace de quatre secondes, la Tohei a su rendre hommage à Toriyama comme jamais ne le feront les américains et leur pitoyable sens de l’adaptation.

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Revoir la bouille du p'tit Goku fait toujours plaisir :)

Enfin, l’épisode démarre vraiment, sur un scénario bien sûr identique à celui du premier épisode de DBZ, mais isolant cette fois tout de suite la menace à venir en nous montrant un bref plan du vaisseau de Raditz arrivant sur terre, plan jumeau de celui du vaisseau de Goku aperçu quelques minutes plus tôt, renforçant alors la cohérence de la toile de fond.

Les séquences suivantes nous prouvent bien que la Tohei ne nous a pas menti sur le ban du HS abusif en nous présentant Son Gohan, en danger, se faire sauver par son père en quelques secondes. Dans l’épisode original, les tribulations de Gohan duraient à elles seules plus de dix minutes ("Ouin, je suis perdu…Oh ! Un papillon ! Au secours, un jaguar !" etc.)

Cette logique se suit alors de séquence en séquence : les dialogues sont rapides, vont droit au but et les évènements s’enchaînent. Imaginez-vous un épisode de DBZ sans les plan-regards d’un quart d’heure, ou les brins d’herbe qui volent au vent tandis que les combattants se toisent. L’affrontement de Piccolo face à Raditz en est l’exemple le plus probant : resserré à l’extrême, ce bref échange se montre à présent nerveux et rapide, alors qu’il faisait l’office d’un cliffhanger dans la version originale (le premier épisode se terminait à l’époque sur Piccolo qui marmonnait dans sa barbe que Raditz avait l’air super puissant<.<). Les nouveaux doublages et les nouvelles BGM aident également grandement à renforcer l’intensité de l’action, qui avance cette fois sans fioriture et droit au but. Ainsi, le premier épisode de DBKai s’arrête à la moitié du second de DBZ (Raditz dévoilant sa queue pour terrasser Krilin). Un demi épisode d’avance, alors que DBkai a prit le temps de restaurer le background initial, et de résumer la première saga de Dragon Ball… Le constat parle de lui-même.

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Promo de DBKai dans le Shonen Jump. Au Japon, c'est l'évènement !

C’est en effet là le plus grand bonheur de cette ré-édition : un shonen dépourvu de la plus grande maladie des animes japs, à savoir cette volonté de gagner du temps (une maladie ayant complètement pourrie l’anime de Naruto par exemple). Ici, plus de temps mort dans les dialogues, plus de regards qui tuent pendant trois heures, plus de flash-back inutiles, plus d’histoires qui n’ont rien à voir (on peut se gratter pour voir Goku passer son permis de conduire avec Piccolo, par exemple <.<).

Enfin, si l'on peut se permettre de terminer par un petit conseil : la grande majorité de la communauté Geek de France a grandi en suivant religieusement Dragon Ball Z à la télévision le mercredi matin, dans le club Dorothée (si,si). Mais à l’époque, il fallait se contenter d’une version tronquée, censurée et plombée par une VF catastrophique (ne parlons pas du générique d’Ariane qui croit encore que "Dragonball" est le nom d’un personnage o_O). Aujourd’hui, Dragon Ball Kai est pour tous ces gens là l’occasion de (re)découvrir cette série comme une vraie série, avec la VOST, des openings et endings qui se respectent, et la même qualité d’image et de son que les séries les plus en vogue actuellement (Naruto, Bleach, One Piece…). DBKAI est un cadeau d'anniversaire : celui des 20 ans de la saga, un cadeau de Toriyama directement adressé à ses fans. Un tel anniversaire ne se rate pas. Enfin, Dragon Ball Kai en profitera au passage pour prouver que c’est bien lui le père fondateur de toute la culture Shonen, et que la bataille pour lui succéder sur son trône est encore loin d'être terminée...

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02 avril 2009

Dragonball Evolution

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"Suce mes boules" (Eminem)

"La mutation : c’est la clé de notre évolution. C’est elle qui nous a mené de l’état de simple cellule à l’espèce dominante sur notre planète. Le processus est long, et remonte à la nuit des temps. Mais tous les deux ou trois cent mille ans, l’évolution… fait un bond en avant."

Charles Xavier.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est sans doute heureux que ce bon vieux professeur X soit mort avant d’avoir pu voir le dernier film issus des studios de la Fox ("ouais la Fox !"), à savoir le bien nommé Dragonball Evolution. "Para que el subtitoulo ?" s’interroge ainsi le jeune mexicain fan des aventures de Son Goku, désappointé qu’il est par ce rajout étrange au titre à seulement quelques semaines de sa sortie (sisi, il y a pas si longtemps, ça s’appelait juste DragonBall <.<). Avant même d’avoir mis le pied dans la salle, la dernière œuvre de James Wong soulève donc en nous de nobles questions métaphysiques. Qu’est-ce que l’évolution ? Quel rapport avec Dragonball ? Pourquoi tant de haine ? Tant de mystères baboulifiants qui s’entrechoquent dans notre pauvre petit cerveau de geek tandis qu’on achète nerveusement sa place de cinéma, équivalent conscient d’un ticket de bus pour l’enfer, le bus en question étant rempli de violeurs prêts à tout pour salir notre petite enfance.

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"Je l'avais pas dit, sérieux ?"<.<

Il est évident que le projet Dragonball – The Movie était mal barré dès le début. Mis en branle par des exécutifs peu scrupuleux et avides de gros chiffres qui n’avaient probablement jamais ouvert un seul volume du manga en question, le projet semblait voué à l’échec pour de multiples raisons : la première, et la plus importante étant sans nul doute son matériau de base. Quiconque a lu, ne serait-ce qu’un peu, Dragonball SAIT que cette œuvre est tout simplement inadaptable. Et il ne s’agit pas ici d’un rapport plus ou moins sacré entre une bande de geeks et leur bible fétiche, à la manière de Watchmen ou du Seigneur des Anneaux, mais bien tout simplement de l’œuvre en soi : un univers complètement barré où des personnages aux coupes de cheveux plus improbables les unes que les autres passent leur temps à se battre, dans un récit certes épique mais dénué de la moindre structure narrative (en tout cas pour le Z), et dans lequel le moindre coup serait susceptible de faire voler une planète en éclats. Dragonball, c’est du dessin pur et dur : on peut l’animer sans aucun problème (la qualité générale des animés étant d’ailleurs de très bonne facture) mais on ne peut pas le remplacer par une bande de comédiens et une poignée d’effets spéciaux carton-pâte. C’est mathématique.

Dès lors, les producteurs, voyant les fans s’arracher les cheveux au vu des premières images diffusées sur le net décidèrent de renommer affectueusement leur bébé "Evolution", sans doute pour assumer de manière ouverte les libertés prises avec l’œuvre originelle. Ce n’est ainsi plus Dragonball, mais bien une déclinaison du manga qui nous est ici proposée. Le problème, c’est que ce terme pompeux sensé justifier les libertés d’adaptation prises par l’équipe du film fait office de second coup de couteau dans le dos de maître Toriyama. Sans rire, une évolution ? Cela voudrait-il dire que le matériau de base a été amélioré, que tout ce qui a été changé l’a été pour rendre l’œuvre meilleure et non pour des raisons de budget évidentes ou de choix de prod’ douteux ? Après visionnage du film incriminé, et sans faire de jeu de mot facile, il est évident que le sous-titre "destruction", ou un autre terme approchant, aurait été plus approprié.

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"Viens, petit fan, je vais te mettre un coup de bâton magique !"

Ainsi, on ne compte même plus les trahisons incompréhensibles qui plombent le métrage de part en part. Le plus incroyable reste que nombre d’entre elles n’ont strictement aucun rapport avec le budget du film, mais sont simplement la résultante de choix de prod’ hallucinants. Premier à être incriminé : le costume de Tortue Géniale. Chow Yun fat marque en effet ici une date historique en arborant le cosplay le plus pourri de toute l’histoire du cosplay : ici pas de barbe blanche ni de lunettes de soleil, pas de crâne rasé ni de carapace de tortue dans le dos. Une simple chemise à fleur suffira, ça doit faire suffisamment "île tropicale" pour faire penser à Tortue Géniale. D’ailleurs, parlons en de son île : la découverte de Kame House reste sans aucun doute le plus grand moment du film tant le réalisateur essaie de la passer rapidement, histoire que l’on ai pas le temps de se rendre compte de la hauteur du coup de pied au cul qui nous est ici expédié. Les esprits aussi acerbes que vifs auront pourtant vite fait de s’en rendre compte : c’est bel et bien Kame House (ou son "évolution") qui nous est montrée ici… Pour vous donner un indice : vous l’avez déjà vue dans la bande annonce <.<

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Allez, on est sympas : on vous la montre. Génial, hein ? :D

Si l’on s’attarde aussi longtemps sur ce détail, c’est parce que le problème de Kame House symbolise à lui tout seul le problème du film dans son ensemble : Dragonball Evolution n’assume pas… son évolution. Ainsi, rien ne vous énervera plus dans ce métrage au cul entre deux chaises que ces merveilleux moments où il tente pitoyablement de "faire penser à" l’œuvre originale de Toriyama. La chemise à fleur de Tortue Géniale ou encore, donc, sa baraque étrange plantée sur cette espèce de rond point perdu au milieu de nulle part sont ici présents pour nous rappeler les souvenirs de notre enfance, comme s’il était besoin en permanence au film de nous crier "Regardez ! C’est bien Dragonball !". Ainsi, les exemples suivants cette logique sont nombreux : Bulma arbore une (puis deux) mèches bleues pour bien nous montrer que c’est Bulma (o_o), et Son Goku mange une cuisse de poulet pour nous rappeler qu’il est gourmand. Tortue Géniale (encore lui) retrouve un vieux Play-boy qui traine dans ses affaires pour nous rappeler qu'il est pervers. Quant à Chi-chi, elle se sent obligé d’insister sur son nom pendant une séquence entière avec Goku ("Chi-chi, quel prénom débile ! Enfin non, je veux dire Chi-chi ça sort de l’ordinaire quoi, moi j’aime bien Chi-chi…" >.<) histoire qu’on ai bien compris… que c’était Chi-chi.

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"Je pige pas, j'ai gagné le prix du meilleur cosplay au TGS..." o_O

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Et c’est là la grande maladie vampirisant tout ce maudit film : d’avoir essayé d’attraper, en seulement deux secondes, UNE caractéristique par lieu et/ou personnage et d’en avoir fait un simple gimmick démonstratif au lieu de tenter de l’exploiter. Le procédé s’avère d’autant plus difficile à digérer quant ces pseudo-détails à caractère authentique côtoient les pires trahisons possibles et imaginables pour un fan : Son Goku en teenager de 18 ans, grand looser dans l’âme et tête de turc de tous les caïds du lycée, voulant savoir comment parler aux filles ! Alors qu’il aurait été aisé de mettre en place son amourette avec Chi-chi en la basant sur de la baston pure et dure (genre il s’éprend de la seule fille capable de le battre, ou autre <.<), on se rend compte, effaré, que son attirance pour la belle est avant tout purement sexuelle (!!!) ; voir à ce titre la séquence où il se l’imagine en bikini, en train… de sucer une fraise (o_O). Le personnage de Goku est ainsi complètement dénaturé, et ne peut par exemple maitriser le Kaméhaméha que si Chi-chi vient l’allumer en lui promettant son corps si il y arrive (véridique -_-‘) Emballé c’est pesé, Goku allume toutes les bougies d’un Kaméhaméha, avant que sa belle ne lui demande les éteindre pour qu’il puisse la culbuter. Une évolution des plus choquantes !

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"Kaaaa... Maaaa... Suuuu... Tr.. euh <.<"

Mais cette évolution là n’est pas grand-chose à côté de celle du script original de maître Toriyama. Ainsi, pour on ne sait quelle raison cosmique, les scénaristes décidèrent de modifier toute la mythologie mise en place dans l’œuvre originale pour la rendre plus… plus quoi, au juste ? Nul ne saurait le dire. Car en effet, on ne passera pas sous le coup de la cohérence globale du film (raison principalement invoquée pour justifier les changements d’une adaptation, quelle qu’elle soit) le fait d’avoir affublé Piccolo d’un disciple répondant au doux nom d’Ozaru qui l’aida à conquérir la terre il y a deux mille ans ; un disciple incarné… par un singe géant !! Nul ne sait ce que devint Ozaru lorsque Piccolo fut enfermé par un groupe de sages (???) mais il y a fort à parier que le spectateur s’en doute un peu… Pourquoi donc un tel changement de script ? Choisir de ne pas inclure la mythologie des Saïens dès cet épisode s’avère un choix compréhensible, mais Toriyama avait bien réussi à produire 17 tomes de son manga sans forcément avoir à expliquer d’où venait son héros. Ici, histoire de nous expliquer ses origines dès le premier métrage, les producteurs décidèrent de les modifier afin de les rendre cohérentes avec l’histoire de Piccolo… Un choix tout simplement hallucinant quand on s’imagine les problèmes scénaristiques qu’il imputera aux éventuelles suites, dont on prie pour qu’elles ne voient évidemment jamais le jour.

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"Personne n'ira voir ce fiiiiilm !"

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Mais tous ces problèmes ne seraient rien, et j’insiste : RIEN, si seulement le film obtenu à l’arrivée avait été simplement… réussi. Et qu’on ne se le cache pas, en dehors de tous problèmes d’adaptation, Dragonball Evolution est tout simplement un mauvais film. Son antithèse parfaite reste pour moi le Street Fighter de Steven E. de Souza, qui, s’il trahissait à torts et à travers le jeu original (Dhalsim en docteur, on s’en souvient encore xD) se révélait au final un film des plus divertissants (si, si). Hors, ici, rien ne pourrait s’avérer aussi faux que dire de Dragonball Evolution qu’il est distrayant. Du début à la fin, on s’y ennuie ferme, et personne, ni le moindre spectateur ni aucun des acteurs, ne semble y croire. L’incroyable nullité des dialogues et des situations, les décors en carton-pâte, les effets spéciaux genre After Effect ou Unlead Cool 3D, tous nous rappellent à chaque seconde la réalité du "machin" qui est en train de nous être montré. C’est pour ça que ce film ne pourra plaire à personne : ni aux fans, outrés par ce viol collectif de leurs souvenirs filmé à la manière d’un snuff, ni aux néophytes qui ne pourront que se montrer hilares du début à la fin. Et comme on les comprend ! Comment, par exemple, ne pas rire devant la démonstration de danse Tektonik de Show Yun Fat nécessaire avant chaque Kaméhaméha ? Car oui, il s’agit bien de Tektonik (véridique again -_-‘), et certainement pas d’un obscur kata de kung-fu ancestral. Quand en plus de ça on regarde la coupe de cheveux de Goku, le voir exécuter ce mouvement lors du combat final ne peut que déclencher une explosion de rires dans la salle. Comment, enfin, ne pas rire devant ce scénario incroyablement mal écrit, digne des plus grand direct-to-video jamais produits ? Et nous ne faisons pas ici référence au backrgound mais bel et bien à la trame principale : comment Piccolo s’est-il libéré de son emprisonnement magique ? Pourquoi donc, s’il veut tant les Dragonball, s’en va-t-il après avoir tué le grand père de Goku alors qu’il lui suffirait d’attendre que ce dernier rentre à la maison pour lui piquer sa fameuse boule à 4 étoiles ? Pourquoi Yamcha et Bulma essaient de s’embrasser alors qu’ils se sont rencontrés dans la séquence précédente et qu’ils ont échangé en tout et pour tout deux répliques ? Enfin, lors de la séquence de fin, pourquoi Son Goku ressuscite à l’aide des Dragonball Tortue Géniale (mort dans le combat final contre Piccolo) – un homme qu’il connait depuis deux jours seulement – sans même hésiter une seule seconde avec son propre grand père qu’il semblait aimer plus que tout ? Sans doute l’avait-il déjà oublié, visiblement les scénaristes aussi. Mais la question reste là pour le spectateur.

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Cell est déçu de ne pas être dans le film. Il avait pourtant le meilleur cosplay.

On pourrait en rajouter comme ça pendant des pages et des pages, parler du pitoyable décor du Tenkai Ichi Budokai, de la transformation en singe géant d’un mètre cinquante (!), de l’éclipse solaire remplaçant la pleine lune, de Goku qui glisse sur ses cheveux au ralenti pour latter des racailles… mais ce serait occulter l’essentiel. Dragonball Evolution est une perle sans nom, un film comme on en voit que tous les dix ans, l’antithèse absolue de The Dark Knight, une chiure cosmique filant à la vitesse d’un météore tout droit dans les toilettes des cinémas du monde entier et rien que pour ça, il mérite d’être vu.

Vous aurez compris que si vous voulez une véritable évolution de Dragonball, ce n'est pas dans ce film incroyable que vous la trouverez. Sans faire de chauvinisme exacerbé, on peut dire qu'une fois encore, les américains ont tout salopé sur leur passage. Non, pour une vraie relecture du mythe, on se tournera volontiers vers son pays d'origine et la sortie imminente en Blu-ray de Dragon Ball Kai, sorte de director's cut de l'anime, supervisé par Toriyama himself. Au menu de cette nouvelle version : une image remasterisée en haute définition, un son complètement retravaillé (avec sans doute de nouvelles BGM), des effets spéciaux améliorés (pour les vagues d'énergie, probablement en images de synthèse) et surtout un montage resseré, dégageant de l'intrigue tout ce qui n'a pas de rapport direct avec l'oeuvre originale, passant ainsi le nombre d'épisode de plus de 380 à l'origine à une petite centaine pour cette nouvelle version. Un programme des plus jouissifs pour le moindre fan lambda !

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Les vrais héros reviennent. Ca fait du bien !

Mais pour l'heure, nous ne pouvons contempler dans nos salles que le superbe film de la Fox. Impossible de pronostiquer sur son succès dans nos contrées de France et de Navarre mais sachez qu’une suite est d’ores et déjà prévue, en regard du succès qu’il rencontra en Asie. C’est puissant. C’est la Fox. Ouais, la Fox !!!

Posté par Bobobiwan à 21:49 - Commentaires [4] - Permalien [#]