27 septembre 2009

L’étrange histoire de Benjamin Button

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Réflexion profonde sur la mort et la course du temps, sur le sens de l’existence et la définition du bonheur... Jamais long-métrage n’aura semblé aussi hanté par la mort elle-même, le jeune Benjamin commençant sa vie dans une maison de retraite, mausolée à peine déguisé dans lequel les chambres se vident du jour au lendemain, et où les amis disparaissent en un éclair… Quand ils ne sont pas systématiquement frappés par la foudre(!).

Benjamin Button est un film sur la fin, au sens large. Il plane en permanence sur lui une odeur de fin du monde, de l’existence, de tout. Comme semblent nous le rappeler ces tempêtes d’une violence inouïe rôdant sans cesse au bulletin météo ou à la fenêtre, annonciatrices de l’inéluctable auquel on ne veut pas penser… La souffrance est à nos portes, tapie dans l’ombre.

La FIN arrive. Et Benjamin l’a vue avant tout le monde. Il sait.

Il en vient.

En ce sens, sa destinée n’en sera que plus bouleversante, illustrant le sens de l’existence (et sans jamais tomber pour autant dans un discours philosophique de bas étage) à travers la vie d’un homme qui commença par mourir, pour mieux regarder ensuite.

Et quel étrange parcours que le sien ! Jamais film n’aura autant mérité son titre que celui-ci. On reste en effet sans voix devant la portée métaphysique d’une telle entreprise, devant cet individu forcément coupé du monde, sans emprise ni attache, remontant le temps pour mieux aller à contre courant d’un monde condamné à mourir, un monde en proie au malheur, à la souffrance, au chaos...

Un monde auquel appartient Daisy, qui se révèlera bien vite incarner l’amour, forcément impossible, de sa vie.

Benjamin Button est donc avant tout une histoire d’amour, dans la plus pure tradition du cinéma américain classique. Un amour s’étirant sur une vie entière, entrecroisant des destins qui semblaient voués à ne jamais faire marche ensemble. Toute la magie du métrage est alors de saisir l’aspect particulièrement éphémère de ces rares moments de bonheur, mais aussi surtout de mettre en avant ce lien intrinsèque entre les deux : c’est parce que l’instant est éphémère qu’il peut être instant de bonheur, et pas l’inverse.

De là, une conclusion des plus étranges (encore) ne manquera pas de positionner le spectateur face à ses propres démons. Et c’est sans doute là la marque des grandes œuvres : pousser leur audience à réfléchir, non pas sur une vague question existentielle vide de sens (comme le fait par exemple si bien la trilogie Matrix) mais bien sur le fondement et la nature des sentiments qui l’habite. Définir ce que l’on ressent à la fin de Benjamin Button s’avère un exercice incroyablement difficile : tristesse ? Sans doute. Peur ? Evidemment. Mélancolie, joie, nostalgie, colère, folie ? Un peu tout ça à la fois. Impossible en effet de définir clairement ce sentiment, car y arriver reviendrait à définir ce qui fait de nous des humains, à définir tout simplement l’homme. Et le seul à pouvoir y arriver précisément serait sans doute… Benjamin Button.

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25 septembre 2009

District 9

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Dimanche soir, minuit moins le quart. Une bande de potes sort d’un cinéma du centre-ville le sourire littéralement scotché au visage. Tous ne peuvent s’empêcher de se remémorer des passages de ce qu’ils viennent de voir ensemble, comme pour prolonger un peu cet état de grâce que seuls certains types de films peut provoquer. District 9, puisque c’est son nom, fait partie de ces films qui vous redonnent envie d’aller au cinéma. Qui vous prouvent que non, vous n’avez pas encore tout vu et que oui il est toujours possible de vous surprendre.

Il aura ainsi suffit à Neil Blomkamp d’une idée aussi barrée que géniale, d’un budget somme toute modeste et d’un producteur y croyant dur comme fer pour nous pondre l’un des OVNI (le mot est faible) les plus enthousiasmants qu’il nous ai été donné de voir depuis très, très longtemps. Oh, et il aura également fallu, ce qui semble évident au vu des images incriminées, un talent indiscutable et des plus prometteurs.

Prometteur en effet, car on aura du mal à croire que le petit génie aux commandes n’en est qu’à son premier essai. Recruté par le maître des Geeks cinéphiles Peter Jackson lui-même, Neil Blomkamp aura réalisé plusieurs courts métrages situés dans l’univers de Halo – en fait des pubs à gros budget - (aujourd’hui aisément visibles sur Youtube) qui parlaient déjà pour lui. Les fans étaient d’ailleurs tellement satisfaits du résultat que c’était à lui que devait revenir l’honneur de réaliser le long métrage adapté du jeu à succès, sous l’aile d’un Peter Jackson avisé qui faisait office de producteur.  Mais de galères de prod’ en aléas de la vie, le film Halo fut tué dans l’œuf par Microsoft lui-même qui hésita à injecter dans le projet le budget faramineux que lui conseillait alors Jackson. Aux dernières nouvelles, les droits d’adaptation de Halo auraient été récupérés par… le grand copain de Peter,  Steven Spielberg lui-même ! Une affaire à suivre, d’autant qu’on ne peut s’empêcher de penser que l’univers de Halo se prêterait incroyablement bien à une adaptation cinéma, comme en témoigne par exemple le spot publicitaire du petit dernier Halo O.D.S.T., tout simplement l’une des meilleures pubs jamais faites !

Ludo la Rando : le film.

Mais au pays des Hobbits (comprendre : la Nouvelle Zélande), tout ne fut pas perdu pour autant dans cette histoire, et Jackson conseilla à Blomkamp d’avancer en développant un long métrage qui lui serait propre, extrapolant l’idée principale d’un des courts métrages du jeune réalisateur (à savoir Alive in Joburg) qui parlait d’Aliens échoués dans un taudis…(une véritable bande annonce de District 9 d’ailleurs). Du coup, les deux compères ne se firent pas prier pour appliquer au pitch de Blomkamp de nombreuses idées qu’ils avaient développées ensemble pour le film Halo, idées qui se retrouvent donc tout au long du film, tant dans les différents armes (renvoyant toutes directement au jeu) que dans le bestiaire (Les "crevettes" sont assurément des Covenants dans l’âme). Certaines séquences sauteront carrément aux yeux des fans (l’alliance du héros humain et d’un extra-terrestre renvoyant directement à celle du Master Chief et de l’Arbiter dans Halo 2), tandis que d’autres noteront tout simplement que la structure narrative fait furieusement penser… à celle d’un jeu vidéo !!

"Alive in Joburg", un court de Blomkamp. On comprendra qu'il ai séduit Jackson !

En plus d’être un des trucs les plus monstrueusement funs qu’il nous ai été donné de voir sur grand écran (les 30 dernières minutes représentent à ce titre un pur fantasme de geek, et renvoient se coucher Michael Bay et ses pitoyables Transformers 2 en terme de blockbuster – pour un budget pourtant dix fois moindre -), District 9 se paie en plus le luxe d’être un film intelligent, qui parlera à tout le monde de par ses métaphores évidentes, montrant du doigt les aspects les plus sordides de la race humaine (le pitch renvoie directement au "district 6" de Cape Town, connu pour les méfaits de l’apartheid en Afrique du sud dans les années 70 – rappelons que Blomkamp est d’origine Sud Africaine).

De par son style documentaire mélangeant faux-reportages et vraie caméra "de cinéma" à l’épaule (échappant ainsi aux incohérences de type Cloverfield ou Rec, dans lesquels ce foutu cameraman ne lâche jamais sa caméra, alors que ses potes meurent, qu’il saute un précipice, se fait poursuivre par un dinosaure etc… <.<), District 9 est un film qui vous happe pour ne plus vous lâcher. L’idée de monter les pérégrinations du personnage principal (un mec banal, un brin sympathique, mais aussi lâche que facho) avec des faux témoignages "à posteriori" le décrivant comme une légende vivante déclenchera chez le spectateur une irrésistible envie d’en savoir plus. Qui est donc vraiment ce Wikus, et pourquoi ce petit moustachu à priori inoffensif (voire même un peu con) est présenté comme un des êtres dont l’existence a le plus compté dans l’histoire de la Terre ?

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Wikus, un type normal dans un contexte extraordinaire.

Cette réponse, District 9 l’apportera en brossant l’une des figures les plus héroïques et charismatiques que l’on ai vu au cinéma depuis des lustres, faisant ainsi de ce film la véritable bombe de la rentrée, parfait remède antimorosité en ces temps de reprise des cours. Tout simplement indispensable !

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21 juillet 2009

Tome I : Heroes are come back !

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Le retour du Pingouin chasseur !

"Journal de Bobo. Aujourd'hui j'ai décidé de rechausser mes moufles de pingouin. Pas évident. Ces saloperies semblent de plus en plus rapide, et je sens le poids de ces années d'empâtement appuyer chacun de mes mouvements. Mon pas est lourd. Mon dos me fait mal. La topographie des lieux m'échappe. Avant, je connaissais chacune des zones de ces foutues cartes comme ma poche. Avant. Maintenant, même mes frères Blagonga ne me reconnaissent plus. Pourtant, c'est pas faute d'avoir gagné le respect de ces primates à force de décimer leurs leaders. On appelle ça la loi de la nature. Manger ou être mangé. Faut croire que c'est mon tour maintenant. Les Anciens du village annoncent tout un tas de nouvelles créatures grouillant à nos portes, méditant dans l'ombre sur le jour qu'elles choisiront pour nous détruire. On somme les chasseurs de reprendre les armes. Mais il faut se rendre à l'évidence : je n'y arriverais pas seul. L'heure de renouer certains pactes est arrivée."

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De vieux amis répondent à l'appel !

"Arpentant les plaines enneigées des plateaux qui cerclent le village, mon regard se porte sur chacun de mes camarades. Bert, Julo, Jamuray... Certains sont restés les même, d'autres ont quelque peu changé. Mais la flamme est toujours présente. Tous se souviennent bien que la lame d'un chasseur n'est jamais aussi brillante qu'à l'ombre d'un camarade. Peu à peu, les schémas d'attaque refont surface, les stratégies émergent de nouveau. La chasse, cet art de vivre, ce monstre indicible rôdant dans nos coeurs depuis la plus tendre enfance, est de retour. Et les proies deviennent prédateurs."

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Un Chameleos au poison putride.

"Les créatures se succèdent sous nos lames et nos flèches, mais le retour à la réalité est rude. Des monstres qui nous semblaient insignifiants il y a des années nous paraissent aujourd'hui redoutables. Le Chameleos de la première heure, achevé dans la douleur, laisse ensuite sa place au légendaire Kirin, et au challenge qui va avec. L'équipe semble divisée. Julo exprime sa rage. Il n'a jamais aimé cette salope de licorne."

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Le légendaire Kirin, chiant comme la pluie !

"Les coups pleuvent. La foudre aussi. Cet enfoiré est nerveux... La situation nous échappe."

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On se fait Gank ! XD

"Après de longues minutes qui nous parurent des heures, d'autant plus pénibles avec les cris d'un Julo n'arrivant pas à "placer son ulti' ",la bête infernale finit enfin par rendre les armes. Visiblement, notre style n'est plus aussi resplendissant qu'à l'époque. Mais nous sommes tout de même vainqueurs. Essouflés, énervés, fatigués, mais vainqueurs."

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R.I.P. Kirin légendaire de mes deux <.<

"Alors qu'on savoure encore notre victoire durement acquise, un appel de détresse nous parvient de la vieille ville voisine. Un Kushala Daora, terrible Wyvern maîtrisant le secret du souffle des cieux, est en train de briser leurs murs. Le sang de Jamuray ne fait qu'un tour : il s'agit de la bête qui lui avait échappé quelques jours plus tôt. Julo, également présent lors de la première chasse, fronce les sourcils. La fin de la bête est arrivée. Cette nuit sera sa dernière."

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"Nawak cette histoire de nuit, je vais vous défoncer, grouuuuuuu ! " (K.D.)

"Le souffle du dragon nous brûle les doigts. Nos épées faiblissent à mesure qu'il avance sur la ville. Mais nos coeurs restent inébranlables."

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"Je vous souffle dessus, bande de pédales ! Pfiouuuuu....." (K.D.)

"La bête est tenace, mais notre courage fait balance avec nos muscles rouillés. La haine de Julo et Jamuray aidant, le Kushala Daora est terrassé en quelques minutes."

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"Argh je me fais owned les fesses, argh !" (K.D.)

"Cette victoire facile ravive nos instincts destructeurs, et les monstres succombent alors par vagues sous le poids de nos armes. L'évidence se met alors en place dans nos esprits acérés, faisant office de signal envoyé à toutes ces créatures infernales qui pensaient déjà festoyer dans les crânes de nos enfants : nous sommes de retour. Les chasseurs sont de retour."

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"Tiens batard ! Et fais passer le message à ta famille !" xD

"La fièvre nous gagne, les espoirs les plus fous nous semblent à présent permis. Rien ne peut plus nous arrêter, pas même les 2 Tigrex bloquant l'accès au rang supérieur du Jamuray. Le Jamuray, chasseur véritablement réssucité de ses cendres et ayant décidé de repartir de zéro suite à une tragédie personelle. Nul d'entre nous ne sait vraiment ce par quoi il est passé, ni ce qu'il a véritablement vécu. Une seule certitude nous assaille Julo, Bert et moi : pour renaître de cette façon, il faut d'abord être passé par les portes de la mort. Cette seule logique nous pousse à accompagner de nouveau notre camarade dans l'adversité, nul besoin de réponses à nos questions. D'ailleurs, nul besoin de question. Le reflet dans le miroir du Jamuray a peut-être changé, mais son épée est restée la même. C'est la seule chose qui compte pour un chasseur. Voilà pourquoi nous l'aidons à refaire ses classes, comme il nous a aidé à l'époque où il resplendissait dans les ténébres et où son nom était synonyme de terreur pour les monstres environnants. Voilà pourquoi nous nous tenons à ses côtés face à ce couple de Tigrex menaçants. Voilà pourquoi nous tiendrons jusqu'au bout dans la bataille."

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"Et voilà pourquoi je vais vous croquer !" (Tig.) xD

"L'échec n'en fut que plus lourd. Le combat bien trop au dessus de nos forces actuelles. Mais l'espoir demeure. L'équipe est à nouveau soudée. Et nous avons le temps. Le temps d'aiguiser nos katanas en même temps que nos courages et nos réflexes, le temps de grandir en force, en esprit et en armure. Le temps de préparer nos coeurs à affronter les monstruosités de ce monde en perdition. Nous avons le temps. Car le temps de la chasse est revenue. Et avec lui, le début d'une nouvelle ère. Une ère de batailles et de chaos, dans laquelle le fracas des lammes triomphera du souffle des flammes. Dans cette ère, dans ce monde, nous existerons. Et notre vie de prendre tout son sens dans cette guerre à laquelle nous nous devons de mettre un terme. Car c'est ce que nous sommes. Des chasseurs. Des Monster Hunters."

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03 juillet 2009

Réouverture de la chasse !!

Un nouveau trailer de Monster Hunter 3, à venir sur Wii, vient de sortir sur la toile. Et ça se passe de commentaires :o

Ok, j'en connais qui vont avoir le kiki tout dur <.<

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30 juin 2009

Le jeu des 1000 points : le film !!!

Oui, on est à la bourre, et c'est vrai qu'on ne respecte pas même nos propres deadlines. Mais si le Jambody ne devrait pas trop tarder à pointer le bout de son nez, on prendra le temps de regarder trente secondes une petite bande annonce ma foi bien sympathique... Celle d'Avatar. Quoi ? Le messie là, le nouveau chef-d'oeuvre de Cameron dont on a encore rien vu ? Bah non perdu, il s'agit en fait de l'adaptation de l'anime Avatar, vous savez, le jeu des 1000 points de la honte (que je possède monsieur, 'azy, check mon gamertag xD) !!

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"Par les 1000 points de la honte ! Yahaaaa !"

Du coup, pour éviter toute confusion, le truc est renommé... The last Airbender. Et le truc marrant, c'est que... c'est Shyamalan " frappe fort" himself qui réalise !! xD

Le film qui va bouleverser l'amérique.

Vous remarquerez que ça commence plus ou moins comme Dragon Ball Déglutition, pour partir dans un trip Waterworld pas trop mal fichu. Un blockbuster signé Shyamalan ? Pourquoi pas,a près tout... Si ça s'annonce clairement pas du niveau d'Incassable, ça sera toujours mieux que The Happening xD

Bonus : allez, juste pour le fun, la tite vidéo magique des 1000 points de la honte : Shame on us !! XD

"It's a shame !" (air connu) xD

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05 juin 2009

Dossier E3 2009 : SONY

Troisième et dernière partie de cet E3 qui aura décidemment été bien plus vivant que ceux des années passées ! Après les annonces choc de Micosoft (l’hallucinant Projet Natal) et la conférence morne d’un Nintendo qui préfère compter les dollars plutôt que de mettre en avant ses jeux (pourtant bel et bien réels !), comment Sony allait-il s’y prendre pour marquer les esprits ?

Ce n’est un secret pour personne, Sony revient de loin. Le succès de la PS2 leur ayant donné des airs de maître du monde, l’échec commercial du lancement de la PS3 ne manqua pas de les recadrer bien comme il faut. Pourtant, avec le temps, tout va, tout s’en va. (o_o ?) Et Sony est aujourd’hui bel et bien de retour, non seulement avec du très lourd dans leur sac à dos mais aussi surtout paré d’une humilité et d’un sérieux à toute épreuve. Sans aucune commune mesure avec le véritable show orchestré par Microsoft, ou le foutage de gueule made in Nintendo, la conférence de Sony se posa là comme un meeting entre professionnels. De là, sans doute quelques longueurs, mais un sérieux qui faisait plaisir, surtout en regard des annonces qui furent effectuées.

La conférence s’ouvre donc sur une vidéo qui en fera sourire certains.. Sony met en avant ses consoles : PS3, PSP et… PS2, comme un trio gagnant. De là à dire qu’ils assument le fait que la PS3 n’ai pas vraiment "pris la relève" de la PS2, il n’y a qu’un pas. Mais ainsi que l’explique le très cool et sympathique Jack Tretton, tant qu’il y a des joueurs PS2, ils continueront de leur fournir des jeux (plus de la moitié des jeux Wii d’éditeurs tiers sortent par exemple aussi sur PS2). On peut s’imaginer pourquoi Sony ne semble pas pressé de rendre la PS3 à nouveau rétro-compatible quand on voit les chiffres de la PS2, qui se vend toujours beaucoup.

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Le sympathique Jack Tretton, à l'aise, pour une conf' sans fioriture.

Après avoir mis en avant plusieurs gros titres multi tels que FF13, Modern Warfare 2, ou encore Rock Band Beattles, un petit focus est accordé à Heavy Rain, l’un des jeux les plus attendus de la console actuellement, en totale exclusivité (il s’agit du nouveau jeu du créateur de Fareinheit). Visiblement, il faudra patienter pour en savoir plus sur ce jeu. Vient ensuite une démo live de Uncharted 2, qui se révèle tout simplement, de l’avis général, le jeu le plus impressionnant de cet  E3, devant God of War 3 lui-même. Naughty Dog a visiblement peaufiné son bébé à l’extrême, et voir évoluer leur nouveau héros Nathan Drake dans cette ville délabrée est un vrai bonheur pour les yeux.

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Uncharted 2, le jeu le plus hallucinant du salon <.<

La conférence passera ensuite très vite à la PSP Go, la nouvelle machine de Sony aussi appelée en interne "le secret le moins bien gardé de toute l’histoire de l’E3" comme le précise en souriant Tretton. La nouvelle console a été repensée en termes de design, mais surtout se voit privée de son port UMD, Sony admettant enfin avoir fait l’une de ses plus grosses erreurs avec ce format stupide (chargements incessants et trop longs, batterie de la console vidée en deux minutes à cause de la rotation du mini CD etc). Sony vise donc maintenant au "tout numérique", la PSP Go embarquant 16 Go de mémoire et possédant bien sûr un port MSDuo pour en augmenter la capacité. Pour les possesseurs de PSP originale, rien de bien révolutionnaire ici : les jeux continueront de sortir à la fois sur UMD et en Téléchargement, et même la PSP "normale" vous permettra de télécharger ces jeux si vous ne voulez plus des horribles mini CD de Sony. Mais sur le plan du marché, il s’agit là d’une petite révolution, car Sony donne ici un vrai coup de fouet à sa portable, qui ne restait encore vivante que grâce à un ou deux "jeux-messie" (un jeu pour les sauver tous xD) type Monster Hunter 2nd G au japon. Avec la PSP Go, c’est toute la dynamique portable de Sony qui repart de plus belle, et les annonces de jeux se multiplient instantanément. On croirait presque assister au lancement d’une vraie nouvelle portable : le Gran Turismo Mobile arrive enfin (mais lol <.<), suivi des titres tels que Assassin’s Creed Bloodline, Little Big Planet, Soul Calibur (avec Kratos en jouable !!) mais aussi des épisodes totalement inédits de franchises connues comme Resident Evil Portable et surtout Metal Gear Solid : Peace Walker, précisé par Kojima Himself comme un VRAI MGS et non un simple spin off : il s’agit en effet de la suite officielle de MGS3 (et donc de Portable Ops) qui racontera la construction de Houter Heaven. Kojima profite cependant d’être sur PSP pour en exploiter les possibilités, à savoir un mode multi joueur en coop à la Monster Hunter, ou 4 clones de Big Boss pourront parcourir l’aventure ensemble. Le jeu s’annonce très réussi, à l’image du nouveau départ de la PSP qu’entreprend ici Sony.

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La PSP Go : plus qu'un nouveau design, une vraie renaissance.

Après avoir reparlé de quelques gros jeux à venir sur PS3 (comme Lost Planet 2, sublime, ou encore l’annonce du prochain Rockstar en totale exclue, un mystérieux jeu du nom de Agent), Sony met l’accent sur une démonstration Live de Assassin’s Creed 2, encore inédite sur le salon (Microsoft comme Ubi Soft n’ayant dévoilé qu’une vidéo lors de leurs conférences respectives). Le jeu s’annonce encore plus grand (dans tous les sens du terme) que le premier, et la salle ne put retenir un "Rooooooh…." de bon gros geek à la vue d’un double-kill effectué par le héros, une lame planquée dans chaque main. Jouissif !

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Assassin's Creed 2, encore plus immersif que le premier. Géant !

Square vient ensuite présenter un nouveau trailer de FFXIII, toujours aussi alléchant. Mais Jack Tretton surprend malicieusement tout le monde en annonçant… FFXIV !!! Et la date : 2010 !! o_O La salle entière retiend son souffle et ses "what the f…" chuchotés au loin tandis qu’un trailer sublime, présentant du In-Game et des CGs, est projeté. Des races connues apparaissent, le design général rappelle vaguement quelque chose…. Choc ! Il s’agit en fait de la suite de FFXI ! Voici donc le fameux "projet rapture" sur lequel les équipes de Squix bossent depuis 4 ans ! Après un rapide sondage dans la communauté FFXI, il semblerait bel et que ce FFXIV soit promus à un grand succès, tous les joueurs de FFXI ou presque ayant décidé de se lancer à nouveau dans l’aventure, tandis que le projet séduit également de nouveaux joueurs par ses graphismes sublimes et son optique moins hardcore (les développeurs auraient beaucoup appris de FFXI bien sûr, mais aussi de WoW, et souhaitent un jeu accessible à tous, soit l’antithèse de FFXI, à ce jour encore l’un des MMO les plus Hardcore qui soient). L’annonce fit sensation, ainsi que la petite blague de Tretton qui suivra ("en voilà un qui sort de nulle part, hein ?" :D) Le net ayant en effet pour coutume de spoil une par une les annonces de l’E3, recevoir en pleine poire une bonne vieille surprise comme celle là fit un bien fou à la conférence.

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Bon ben... Adieu la Vie. XD

Sony passe ensuite à sa partie "casual" qui semble maintenant inévitable pour n’importe quel constructeur, et dévoile une véritable Wiimote-like. Le design est à la limite du plagiat : Microsoft ayant eu le bon gout de reprendre l’idée de Nintendo pour mieux la dépasser en supprimant totalement le contrôleur, Sony conserve pour sa part l’aspect "télécommande", assumant son "inspiration". Le traitement est cependant ici différent, car couplé au Playstation Eye pour une précision surpassant de très très loin la Wiimote, même équipée du Truc Bidule Plus à venir. Nintendo est ainsi définitivement dépassé sur tous les plans, et par ses deux concurrents. La démo de Sony révèle un potentiel impressionnant, mais nécessite clairement encore beaucoup de travail, le projet étant bien moins avancé que celui de Crosoft. On peut aussi supposer que sur PS3, l’appareil fera figure de gadget, ne servant que pour quelques jeux à la manière de l’Eye Toy en son temps sur PS2, tandis que Microsoft vise lui très loin en voulant révolutionner l’interface même de sa console, et en prévoyant surtout d’inclure sa caméra dans chaque console à venir.

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"Avec ça, on peut la mettre par derrière à Nintendo." XD

On revient en douceur sur un vrai jeu, même si prévu pour séduire le grand public : il s’agit de Mod Race. Concrètement, les développeurs de Little Big Planet s’attaquent au Mario Kart Like, pour mieux surpasser tous les standarts du genre. Le jeu, très beau et entièrement customisable de A à Z, permet la création d’un circuit complexe et très fun en l’espace de quelques minutes seulement. A la manière de Little Big Planet, ce sont les joueurs du monde entier qui se feront designers du jeu… On peut d’ores et déjà dire que Nintendo est (once again) complètement dépassé… Au passage, une petite réflexion sur ces constructeurs qui se copient tous les uns les autres. Si le procédé avait énervé au temps de la Six Axis (le pad PS3 ayant des capteurs de mouvement totalement inutiles, juste pour contrer bêtement la Wiimote), il ne faut pas qu’il bloque pour autant la course à l’innovation. En effet, comment cracher sur Microsoft et les traiter de copieur (même si le projet Natal n’aurait jamais vu le jour sans le succès de la Wii et la découverte par Nintendo de ce "nouveau public") quand leur projet est aussi abouti que ce qui fut montré ? Le même raisonnement se prête à Mod Race : certes, il s’agit d’une pseudo copie de Mario Kart. Mais si Nintendo est bien le roi pour trouver de nouveaux concepts, il est également le champion pour se reposer sur ses lauriers sans jamais chercher à pousser plus loin ses idées. Depuis le temps que la franchise existe, il est par exemple aberrant qu’aucun Mario Kart n’ai jamais proposé d’éditeur de niveaux. Même combat pour les Mii, sous exploités alors que leurs copies sur 360 (oui, oui : copies) sont employés dans des séances de Tchat, sur le dashboard de la console, et font apparition dans de nombreux jeux et/ou applications ! Dans cet esprit, ce Mod Race, tout comme la Wiimote-like de Sony sont plus que légitimes. Le temps n’est plus aux concepts déposés mais à l’innovation, et c’est le joueur qui en ressortira à coup sûr gagnant.

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C'est bon, je pleure déjà de bonheur. (The Last Gardian)

Enfin, Sony revient aux jeux, aux vrais, et défonce tous les journalistes présents dans la salle avec sa trilogie des Most Wanted Games de 2010 :  The Last Gardian, le sublime nouveau jeu des auteurs de Ico et Shadow of the Colossus, suivi de l’arlésienne Gran Turismo 5 (qui arrive aussi ! Incroyable Kazunori est rentré de vacances ou quoi ? o_o) et enfin God of War III !! Ce dernier, présenté en démo live se révèle toujours aussi impressionnant et abouti que ses deux petits frères sur PS2, et surtout, se voit paré d’une date de sortie : mars 2010 !!

En conclusion, cette conférence aura surement été la plus agréable des 3, Sony étant venu à l’E3 pour faire son job et pas autre chose (Microsoft étant venu faire son show, et Nintendo… on cherche encore >.<). Présentant de nombreux jeux tous plus intéressants les uns que les autres et effectuant un véritable reboot de leur portable, Sony aura rassuré tout le monde (c’est peu de le dire) quand au devenir de la marque Playstation. Cette conférence, assurément la meilleure des trois en présence, marque également le début d'une année très importante pour Sony, qui pourrait bien être celle du réveil. L’annonce la plus hallucinante de ce salon restera cependant le Project Natal de Microsoft qui se révèle, on le répète, une véritable révolution du média jeu vidéo. Putain d’E3, on veut le même l’an prochain !

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04 juin 2009

Dossier E3 2009 : NINTENDO

Deuxième partie de notre dossier spécial E3, cette fois consacré à la conférence de Nintendo. Si vous ne l'avez pas encore fait, ne manquez pas de lire d'abord le compte-rendu de celle de Microsoft ^^

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L'art d'avoir des jeux de fou et de ne pas les présenter... (next Zelda Wii, 2010)

N’y allons pas par quatre chemins : alors qu’il avait promis la conférence du retour des gamers, Nintendo vient de réaliser la pire prestation de toute l’histoire de l’E3. Les attentes étaient grandes, le niveau à côté super élevé (voir la conf' hallucinante de Microsoft <.<), et comme d’hab’ depuis un moment, Nintendo a déçu tout le monde. C’est maintenant une tradition : chaque année, lors de l’E3, Nintendo me donne envie de revendre ma Wii. Sincèrement, j’ai vraiment failli repartir en magasin avec tout mon matos Nintendo, et tout leur balancer pour récup' même un ou deux jeux 360 ou PS3. On verra par la suite pourquoi je me suis raisonné, mais bordel ! C’est ma 3e Wii, nomdidiou ! Comment font les dirigeants de Nintendo pour faire des conférences aussi merdiques ? C’est tout bonnement hallucinant ! Le plus énervant étant… qu’ils avaient bel et bien les cartouches pour faire une prestation cool. Mais ils n’en ont plus rien à foutre de l'E3 ou des gamers. Et ça devient vraiment, mais vraiment énervant.

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Reggie is back to kick some ass ! Ou pas ? o_O

Commençons par le commencement : déjà, notre Reggie botteur de cul favori n’est plus sur scène. Déception. A la place, Super Nany (ou une salope lui ressemblant) vient nous casser les couilles avec sa dégaine de mère au foyer genre "j’ai jamais touché un jeu de ma vie", et nous sort la phrase qui énerve : "everybody’s game". Ils nous ressortent encore la même rengaine, putaiiin ! Au lieu de nous balancer des jeux, ils nous rappellent que la Wii et la DS c’est pour tout le monde, et que c’est kiffant de jouer avec son papi ou sa mère. Ma rage vous fera sans doute sourire, mais il s’agit bien là de l'état de TOUS les gamers ayant regardé la conférence. Je ne compte même plus les commentaires du genre "Get away you fuckin bitch" qui s’affichaient en temps réel juste sous la fenêtre de la conf. Un enfer, bordel !

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Le nouveau visage de Nintendo, clairement gamer. Get lost, bitch ! <.<

Ils nous sortent enfin un jeu, New Mario bros Wii. Franchement, le jeu s’avère excellent, fun au possible, et mise sur la coop/compète entre 4 joueurs, dans un jeu de plate forme de toute beauté, et à l’ancienne. Sincèrement, il s’agit là d’une annonce vraiment sympa, alors pourquoi, O grand pourquoi l’avoir expédié en 4 secondes ? o_o (une tite partie lancée comme ça, sans aucun trailer, ni effet de mise en scène… Ils lancent le jeu comme s’ils s’en battaient les couilles, et l’éteignent 4 secondes après… puisqu’ils s’en battent les couilles.)

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Un new Mario, c'est la fête ! Pas pour big N, apparemment o_O

Et tout ça pour se focus sur quoi ? Sur Wii Fit Plus, nomdidiou ! Mais allez crever ! La présentation traine cette fois en longueur, et finit par enchaîner sur … Wii Sports Ressort !! Et là, le gamer élabore un plan dans sa tête pour aller poser une bombe sur le stand de Nintendo, genre immédiatement. Le nouveau Wii Sports utilise en plus le Wii truc Plus sensé nous permettre de faire enfin ce qu’on nous avait promis il y a trois ans (à savoir : des vrais coups d’épées correspondant à nos mouvements, par ex.), et le constat est flagrant : Nintendo est totalement largué par Microsoft et son project Natal. Du coup, là, ils nous font un peu pitié avec leur mii tout moches et imprécis…

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Disco Bitch préfère nous parler d'un jeu casual, largué par ceux de la concurence !

Nintendo a perdu. Définitivement. Ils se sont fait battre à leur propre jeu : Microsoft fait désormais de la Wii, mais 1000 fois mieux que la Wii. Mais à côté de ça : Bilou envoie du lourd pour les vrais gamers, contrairement à Nintendo. Le pire, c’est que Nintendo avait des vrais jeux à présenter : le Mario Bros, mais aussi la suite de Mario Galaxy !! Cette annonce inattendue fut plus que la bienvenue : plutôt que de tenter de réinventer leur franchise à chaque épisode et nous sortir genre un Mario Safari tout pourri, Nintendo table sur les bases solides de Galaxy, qui reste à ce jour l’un des jeux les mieux foutus auxquels j’ai pu jouer, pour nous sortir une suite directe. Après tout, la NES a eu droit à 3 Mario Bros, la SNES à 2 Mario World, alors pourquoi la Wii n’aurait-telle pas plusieurs Mario Galaxy ? Le problème est qu’encore une fois, Nintendo balance ça sans que ça ai l’air de leur tenir à coeur, tout comme pour… Golden Sun DS !! Le retour d’une franchise adorée des gamers, qu’ils réclament depuis des années, est annoncée comme une pub pour papier toilette, par le biais d’un spot minimaliste de 10 secondes, et basta. Idem pour Final Fantasy Cristal Bearers, alors qu’il s’annonce comme un authentique blockbuster pour une Wii qui en a bien besoin.

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Mario Galaxy 2, un truc de fou !! Mais big N préfère Wii Fit...

Et que dire de l’absence de Zelda Spirit Tracks (même pas une image ! Juste le titre en fond d’écran , alors que le jeu est super avancé, il est même jouable sur le salon ! <.<) ou encore du prochain Zelda Wii (que Miyamoto, non invité sur scène, avance pourtant pour… l’année prochaine, le jeu étant a priori presque fini o_o). Enfin, pourquoi ne pas avoir parlé tout simplement de Monster Hunter 3, qui sort dans deux mois au Japon ?! La licence la plus vendeuse de l’archipel nippon actuellement sort en exclusivité sur Wii, et il n’en est jamais fait mention durant la conférence. Pourtant, Nintendo sort à cette occasion un pack collector du plus bel effet, avec une Wii noire top classe (la première Wii collector depuis sa sortie il y a 3 ans !!) mais aussi surtout le nouveau classic controler pro inclus dans le pack, une manette "à l’ancienne" ressemblant comme deux gouttes d’eau à un pad PS3 ou 360… (C'est Bert qui va être content) histoire que ce Monster Hunter reste jouable, la licence ayant toujours requis une précision diabolique au niveau du gameplay. Il ne sera jamais fait mention de ceci durant leur conférence (n'importe quel éditeur aurait profité de l'occasion pour annoncer son super pack collector) Les hallucinants Red Steel 2 et The Conduit, 2 doom-like somptueux qu’on aurait jamais cru possible sur Wii, seront tout juste évoqués (nom du jeu en fond d’écran…. Encore… alors que les jeux sont jouables sur le salon !!! Mais WTF ??)

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Le splendide pack Monster Hunter... passé sous silence. Why ?

Enfin, la seule vraie surprise de Nintendo aura été l’annonce de Metroid : other M, développé sur Wii par… La Team Ninja !! WTF ? Les mecs qui ont fait Dead or Alive ? Est-ce que si on change l’âge du joueur dans les options, les boobies de Samus seront plus rebondissants ? Quoi qu’il en soit, le jeu prend l’allure d’un Devil May Cry, se démarquant ainsi totalement de la trilogie Prime. A mon sens, c’est une bonne chose, Retro Studio ayant vraiment clôt leur trilogie de bien belle manière, un 4e opus dans ce genre aurait été lourdingue. Un vent frais sur la franchise, donc… pourquoi pas ?

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Samus se la joue poseur, désormais. DoA style !

Bref, vous l’aurez compris : Nintendo a des jeux dans sa besace. C’est en réalisant ça que mon envie de tout revendre fut réfrénée. Mais le problème est qu’ils donnent vraiment l’impression d’en avoir rien à foutre. Ils continuent d’axer leur communication exclusivement sur le casual, et si une telle com' pouvait paraître "révolutionnaire" (lol) il y a 3 ans, elle est aujourd’hui totalement obsolète. De plus, est-ce que leurs chères mères de famille sont au courant de ce que c’est que l’E3 ? Est-ce qu’elles check les news sur le net à 4h du mat’, telles des voraces ? Pourquoi leur avoir encore dédié cette conférence alors ? Mystère et boule de gomme, mais il est sûr que depuis que Satoru Iwata est aux commandes de Nintendo, la compagnie n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Certes, cet homme aura redressé la barre alors que la compagnie était au bout du rouleau.  Alors dirigée par Yamauchi, un grand père yakuza,  petit fils du fondateur même de Nintendo et qui considérait tous les joueurs Sony "comme des punks", Nintendo trouva un second souffle avec son départ à la retraite. Le siège de PDG fut donc récupéré par Iwata. C’est de lui que vient ce changement de direction orienté casual 100%, qui fit rentrer le cash par camions entiers, mais au prix de l’âme de la compagnie.

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"Daïjobien. I am the real rapist of the childhood of Bertrand"

Nintendo faisait peine à voir. Sa conférence faisait pitié à côté de celle de Microsoft, elle paraissait vraiment, vraiment cheapos. On aurait presque envie de plaindre Nintendo, en disant qu’ils ne jouent pas dans la même cour, tant le fossé technologique (mais aussi idéologique!) qui les sépare de leurs concurrents est énorme. Mais ce serait se voiler la face : Nintendo gagne à lui seul plus d’argent que les divisons Jeux vidéo de Microsoft et Sony réunis !! Et pourtant, ils ne dépensent pas un sou en recherche et développement, touchent du blé sur chaque console vendue (alors que les deux autres en perdent systématiquement, se rattrapant sur les jeux), et se tappent le bidon par terre de vendre 250 € un matériel identique à celui de la génération précédente (une gamecube avec un capteur de mouvement, ni plus ni moins). Le problème de Nintendo est qu’ils se sont embourgeoisés, comme Sony à une autre époque. Leur position de leader les invite à ne rien changer, à ne pas innover en quoi que ce soit et surtout à rester sur leurs positions qui tuent petit à petit l’âme même de leur compagnie.

Conf’ de merde. Monde de merde. Heureusement que Crosoft et Sony sont là !! La conférence de ce dernier…. Demain !

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03 juin 2009

Dossier E3 2009 : MICROSOFT

Vous avez eu la flemme de vous taper les conférences de l’E3 dans un streaming tout naze, mais vous aimeriez quand même savoir ce qui s’est passé ? Pas de panique, on a joué les vieux geeks de merde à votre place ! Voici donc un petit compte rendu à chaud des différentes conférences de cet E3 2009, qui fut dans l’ensemble d’un très bon niveau… Même si vous êtes pro-truc ou anti-chose, on ne saurait trop vous encourager à consulter l’intégralité du dossier, en dépit de sa longueur (mais c’est pour la bonne cause cette fois !), tant il nous semble important de faire le point sur l’équilibre des forces en présence… L’était trop bien cet E3 !xD

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"Je voulais venir en Twingo, mais je me suis dit : hey ! Bilou a de la thune." o_o

Chez Microsoft, on a de la thune. Et on aime bien le montrer. Donc, quitte à ouvrir sa conférence sur le prochain volet de Rock Band consacré aux cultissîmes Beattles, autant avoir lesdits Beattles sur scène. Car oui, les petits z’amis, Paul Mc Cartney, Yoko Ono et Ringo Star débarquèrent sur scène pour dire à quel point ils trippaient sur Rock Band, et à quel point le titre se révélait technique au possible. D’entrée de jeu, le ton de la conférence est donné. On est pas chez les paydays, on est chez Bilou. Strass et paillettes sont donc au programme. C’est l’Amérique, bordel !! Le rêve américain !! Bilou semble nous dire que personne n’a vraiment compris le rêve de Martin Luther King : en fait, son rêve, c’était d’avoir une 360.

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"Hein ? Oui, Bilou a des sous. Quoi, qu'est-ce qu'on fout là ?"

Et histoire de continuer dans le même délire, on enchaîne avec la présentation du new Tony Hawk… présenté par Tony Hawk lui-même (ben tiens ! Tu crois quoi ? Que Bilou a pas de sous ?xD). Détail amusant, à la manière des Rock Band livrés avec leurs guitares, ce T.H. se verra livré avec son propre skate de substitution o_o Why not… ^^

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"Et là je me suis dit : hey Bilou a trop de sous, je devrais venir moi-même à l'E3"

Le ton de la conférence s’oriente ensuite vers ce que fait de mieux Crosoft : les jeux gamer. C’est ainsi qu’un gros focus est accordé au prochain Call of Duty : Modern Warfare 2, franchement impressionnant, même pour moi qui débecte les FPS. S’ensuit la présentation de… FFXIII, version 360 !! Les dirigeants de Squix sont bel et bien là, et prouvent à tous les détracteurs de la 360 que cette version sera identique à celle de Sony. Pour la peine, le passage de la démo PS3 est ici revisité, avec des doublages anglais et la première démonstration d’invocation IG… qui tue bien la gueule, il faut l’avouer. Premier grand coup dans les dents de Sony, qui doit pas franchement rigoler…

Le Live Arcade est ensuite mis en avant, avec une sorte de Mario Kart-like intitulé Joy Ride (oui, quel nom pourri) ayant la particularité de faire concourir nos avatars (yes !) dans un jeu de course fun et très joli, et surtout totalement gratuiiiiiit (yes yes !) et jouable online gratuitement (yes again). Cliff B., la nouvelle star des développeurs (une sorte d’ado rockeur, ressemblant de loin à Jam d’ailleurs xD, qui a pondu rien de moins que Gears of War 1 et 2) vient sur scène pour présenter son prochain jeu… XBLA (o_o), balançant sans vergogne ses références ("Metroid and Castlevania", ouais on est des rockeurs chez Epic, rien à foutre de citer la concurrence), il nous montre un jeu d’action /aventure 2.5D (donc modélisé en 3D, mais au gameplay 2D vu de côté) absolument baboulifiant, à la map plus grande que celle de Castlevania symphony of night ou de Super Metroid (pour reprendre les jeux cités). Sounds fun.

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Cliff B., le Jam des jeux vidéo.

Viennent ensuite, pêle-mêle : les annonces de Crackdown 2  (c’est le Jambody qui va kiffer), de Left 4 Dead 2 (cool), de Forza Motorsport 3, annoncé comme le GT5 killer (et en ayant franchement l’air), le nouveau Splinter Cell qui prend des allures de 24H chrono (et qui s’annonce super cool) et même Alan Wake (qu’on attend depuis 5 piges <.<) Le nouveau Halo : ODST est présenté également (sorte de spin-off de Halo 3, où l’on joue un autre keum que le Spartan) et un gros teasing est fait sur Halo : Reach… Halo 4 ??? Wtf ? Who Knows… Mais le matos est bel et bien présent.

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Left 4 Dead 2, exclu 360 !!

Rapide présentation de facebook sur 360 (special pour le Jambody et Oliv’yeah : tu peux pêcho des meufs tout en explosant des locustes yes) avant d’avoir droit à une question bien solennelle :

"Quelle franchise tous les joueurs de 360 ont-ils toujours voulu avoir ?"

Et là… Kojima de débarquer par surprise, accompagné du son d’alerte bien connu des fans de MGS ! On ne saura pas grand-chose, si ce n’est que la franchise débarque sur 360, avec un épisode exclusif mettant en scène Raiden. Le jeu, intitulé Metal Gear Rising, n’est plus alors sous titré "Tactical Espionnage Action" mais bien "Lightening Bolt Action". Un Ninja Gaiden-like avec Raiden ? A suivre de près ! :D

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"Je m'étais caché dans un carton ah ah" <.<

Microsoft passe ensuite à la partie "casual" de la conférence en dévoilant son wii-killer : une caméra franchement révolutionnaire (sans déconner, vraiment), reconnaissant absolument tous vos mouvements de manière bluffante, voire presque effrayante. Minority Report n’est pas loin… Et d’ailleurs, Steven Spielberg débarque sur scène !!! WTF !!!! Tonton Steevy vient juste nous dire que la 360 c’est cool, et que c’est le futur. Merci, tonton, on t’aime ! Va encaisser ton chèque maintenant xD

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"Hey Bilou, je peux attendre la fin du mois pour encaisser ton chèque." xD

Le clou du spectacle viendra cependant du dernier jeu de Peter Molyneux, génie mental derrière Fable 2 qui doit très certainement avoir de graves problèmes psychologiques… Sincèrement, je suis sûr que son fils a du mourir dans un accident de voiture et qu’il essaie de le recréer derrière un écran, car le jeu présenté est… freaky. Suuuuper flippant. La caméra de la 360 possédant aussi un vrai processeur interne, elle est capable de reconnaissance faciale, mais aussi vocale. On voit donc une jeune femme venir parler à son téléviseur, derrière lequel joue un enfant dans un jardin. Les deux conversent de manière totalement naturelle, et interagissent de façon effrayante. Le petit garçon l’invite à attraper des poissons dans la rivière avec lui, et la jeune femme voit alors son reflet dans l’eau, tandis qu’elle brasse les vagues de manière sidérante ! Elle dessine ensuite un truc sur une feuille de papier qu’elle "passe" au gamin (en passant la feuille au dessus de l’écran, la caméra la scan en ¼ de seconde, et l’enfant attrape une feuille qui tombe du haut de l’écran), et l’enfant reconnaît le dessin sans problème (genre "oh une girafe"). Reste à voir si l’on peut qualifier cette démo de "jeu" véritable, mais la prouesse technique est effrayante. On imagine déjà le cauchemar du petit Timmy nous balançant "je te voiiiis" alors qu’on mate tranquille un p’tit porn sur le net… quoi qu’il en soit, ce Nintendogs humain aura mis une claque à tout le monde dans la salle, signant la mort instantanée de Nintendo dans l’esprit des journalistes. Microsoft tient vraiment là une véritable révolution de l’interface, lourdement bossée et carrément au point, à mille lieux de l’imprécision agaçante d’une pauvre wiimote. Comment Nintendo allait-il réagir à cette conférence de fou ? La suite dans la conf’ du plombier italien…

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Le fils mort de Molyneux, piégé derrière son écran :D

La seconde partie de notre dossier, consacrée à Nintendo, sera mise en ligne dès demain. Stay Tuned ! :-p

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31 mai 2009

The War is coming...

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Coming soon...

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22 mai 2009

Vengeance

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"Ah que c'est ici, Hong Kong ?"

Johnny nous le dit lui même : "What is Vengeance ?" Le problème quand on va voir un film comme Vengeance réside avant tout dans la composition de la salle, en termes de public. De deux choses l’une : soit vous êtes là parce que vous êtes fan de notre Johnny national mais vous ne pipez rien au cinéma asiatique, soit vous idolâtrez Johnnie To comme le plus grand réalisateur de tous le temps, et vous vous demandez, quelque peu angoissé, ce que fout la marionnette star des Guignols de l’Info dans ce foutu film. Face à un tel auditoire, difficile pour Vengeance de convaincre qui que ce soit, les fans du chanteur qui allume le feu trouvant sans doute que tous les chinois se ressemblent et ne pigeant donc rien à l’histoire. Pour les autres…

Parlons-en des autres. De ceux qui n’en ont rien à foutre du type qui gueulait "On est champions" alors qu’on venait de se prendre une branlée qui entra dans la légende *. De ceux qui pensent que des fois, faudrait penser à la retraite, ou alors à arrêter de sortir deux albums pourris par an, juste pour rappeler au monde qu’on est bien vivant. Parlons donc de ceux qui s’en battent les coquillages de Johnny Hallyday. Parlons des Geeks.

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"Ah que moi aussi je suis Geek ! Vulcaiiiiin !" ("euh... non Johnny c'est pas ça le...)

Les Geeks, à la base, ils sont contents. Merde, un nouveau Johnnie To ça fait toujours plaisir. Après la claque monumentale d’Exilés (désolé John Woo, mais retourne te cacher, la relève est là), les Geeks ne pouvaient que piaffer d’impatience face au retour du polar urbain made in HK. Et franchement, ça commençait plutôt pas mal : Sylvie Testud (dans son plus grand rôle à ce jour * ) se voit offrir une scène d’intro des plus violentes et classes qui soient, avant que le titre du film ne s’affiche sobrement sur l’écran… Comme promis, il s’agira donc d’une histoire de vengeance… Puis arrive notre Jean Philippe Smet national, et ses premières répliques… comment dire… embarrassantes. S’adressant à sa fille en français, il suffira de trois phrases (pas plus) pour que dans la salle s’échangent quelques regards inquiets. "Putain il joue trop mal…" entend-on murmurer à droite. "Mais lol" se chuchote alors à gauche. Ambiance malaise dans la salle, les gens ne se sentent pas terribles… On aurait bien besoin du Magic System pour nous remonter le moral.

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"Ah que je leurs fous le feu, moi, au Magic Truc."

Et puis on consent quelques efforts (parce que merde c’est quand même du Johnnie To) pour avancer dans le film, qui dévoile alors tranquillement ses personnages pour finir par nous présenter Antony Wong (le chinois le plus classe du monde, déjà à l’affiche d’Exilés, et de quasiment tous les polars HK d’ailleurs <.<), son personnage offrant une vraie bulle d’air salvatrice au cœur de ce tourbillon d’ennui suscité par Hallyday. Le pitch se met alors en place : Johnny ne sera pas vraiment le "héros" au sens classique du terme : il embauche une équipe de tueur super stylés qui feront le boulot à sa place (Wong et ses potes, donc) et c’est dans cet aspect du scénario que résideront les meilleurs moments du film.

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"Ah que les meilleurs moments, c'est pas avec Johnny ?"

Car oui, des bons moments, il en offrira énormément. Classique histoire de tueurs se retournant contre leur ex-employeur, Vengeance nous offre les plus beaux gunfights vus à l’écran depuis… Exilés, justement. C’est bien simple : chaque joute est desservie par une idée graphique somptueuse, un concept de mise en scène aussi génial que spectaculaire (la pleine lune masquée par les nuages suscitant des fondus au noir, les cubes de déchets avançant à l’horizon tels de véritables fortifications moyenâgeuses, les escaliers filmés comme un dédale labyrinthique oppressant etc...). To pousse sa mise en scène tellement loin qu’il est maintenant presque réducteur de parler ici de scènes d’actions, tant ces affrontements semblent naître dans une recherche esthétique des plus rares, prouvant une fois de plus que la manière qu’a le cinéma Hongkongais d’envisager l’action au cœur de la narration est unique au monde. On retiendra tout particulièrement le baroud d’honneur de notre trio de samouraï, proprement hallucinant de classe et de fureur (ah, cette putain de musique héroïque !).

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Antony Wong. La classe incarnée made in HK.

Et si l’on parle de Samouraï, c’est bien parce que c’est de cela dont il s’agit ici : de héros "à l’ancienne" comme il n’en existe plus aujourd’hui ailleurs qu’à HK. De tueurs respectant avant toute chose leur propre code de moral et surtout, leur sens de l’honneur. A défaut de samouraï, on devrait même parler de Ronin puisque ceux-ci finalement s’offrent en permanence au plus offrant. Mais une fois le contrat accepté, quelque soient les conséquences, ils iront fatalement au bout de leur engagement, n’hésitant pas une seule seconde à mettre leur vie en jeu, quand bien même leur commanditaire ne les obligerais plus à rien (Johnny, perdant peu à peu la mémoire, ne se rappelle même plus qu’il veut se venger, ni qu’il a eu une famille. Notre trio pourrait alors reculer sans aucun scrupule, d’autant plus que le contrat se révèle le plus dangereux qu’ils aient jamais eu à effectuer, et qu’il signifie un voyage sans retour. Aucune hésitation ne sera pourtant formulée de leur part, les ancrant définitivement comme de véritables samouraï des temps modernes, ne reculant devant rien pour servir leur "maître", et garder leur honneur).

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"Ah que où are you, pipole ? Aïe donte rimanbeure."

Vengeance a donc d’énormes qualités, qui en font un excellent film. Dire le contraire serait mentir. Et pourtant, et pourtant… la perfection ne semble pas de mise ici, car l’ensemble de ces qualités ne feront ressortir qu’un "too bad" général à la sortie de la séance… Quel dommage, en effet. Quel dommage qu’un film aussi pétri de qualités graphiques, d’idées géniales et de seconds rôles charismatiques voit sa tête d’affiche interprété par ce légume de Johnny Hallyday.

Sincèrement, je n’ai rien à la base contre Johnny. Sa musique n’a jamais été ma tasse de thé, mais pour l’avoir vu une fois dans l’émission "en apparté" sur canal +, le personnage m’avait ému. A mille lieux de ses costumes de scènes exubérants, Jean Philippe Smet s’y était livré simplement, et dévoilait en toute humilité qu’il n’avait jamais voulu être chanteur. En effet la chanson n’avait été pour lui qu’un moyen de gagner sa vie, mais sa passion première, et son rêve de gosse restait avant tout de devenir un acteur. On peut imaginer l’accomplissement qu’il trouva dans Vengeance, vrai film de cinéma essuyant d’un coup d’un seul 40 ans d’apparitions dans des nanars tous plus affligeants les uns que les autres. Pourtant, aussi sympathique soit-il, Johnny n’est pas un acteur.

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"Ah que je suis quoi, alors ?"

Ainsi, le voir aligner ses répliques sur un ton monocorde à côté d’une star aussi talentueuse qu’Antony Wong a quelque chose de surréaliste. C’est un peu comme quand Houcine (qui ?) avait chanté avec Johnny, justement, sur le plateau de la Star Ac’. Difficile d’apprécier un duo quand une telle différence de talent et d’expérience se fait sentir. Sincèrement, le personnage de Johnny a beau avoir été écrit de manière cohérente avec l’origine de l’acteur (il y joue un Français qui ne connaît pas du tout le pays, et qui parle très mal l'anglais), aucune de ses scènes ne passe. Aucune. To a beau essayer de lui faire fermer sa bouche en insistant à mort sur ses regards perdus et ses silences, on ne peut s’empêcher de trouver ça bizarre. Johnny a une tête bizarre. Même quand il se tait, et qu’il regarde la caméra, on est mal à l’aise. Impossible de ne pas voir ici le papy aux cheveux colorés, au bouc de djeun’z et à la façade ravalée façon chirurgie esthétique. C’est un peu comme si Michael Jackson (pourtant très doué pour la comédie – voir son excellent Ghosts) devait jouer le rôle de Jack Bauer dans 24 : avec une gueule pareille, c’est impossible. C’est le même problème qui se pose ici pour Johnny, à ceci près que lui est, en plus, incapable d’aligner deux répliques sans que ça sonne faux. N’ayons pas peur des mots, Johnny Hallyday fait ici figure de la plus grande erreur de casting vue dans un film depuis…. la meuf de Robochic (!!) ou encore plus simplement cet empaffé de Justin Chatwin dans le rôle de Son Goku.

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"Ah que j'ai une tête bizarre ?"

Des lors, la question se pose :  Why ? why, putain, why ? Why why why why why why why ? Pourquoi a t-il fallu que Johnnie To vienne chercher notre allumeur de feu national ? Bert, notre éminent spécialiste de cinéma asiat’ me faisait remarquer très justement que Daniel Auteuil, par exemple, aurait été parfait pour le rôle. Ce dernier a en effet bien prouvé avec 36 quai des orfèvres mais aussi surtout sa prestation flamboyante dans MR73 qu’il était à l’aise dans le registre du polar noir. Une version de Vengeance avec Auteuil nous ferait alors presque autant fantasmer que la director’s cut du 13e Guerrier que l’on ne verra jamais. Mais revenons sur le choix du casting de Johnny Hallyday. A la sortie de la salle, les théories pouvant justifier un tel fiasco sont légion : To serait-il un fan de notre bon vieux rockeur ? Dans ce cas, où est le caméo d’Eddye Mitchell en vendeur de flingues, et celui de Dick Rivers  en petit indic’ camé ? Laurent Gerra n’aurait-il pas fait un meilleur Johnny que Johnny lui-même ? Ce choix était-il stratégique en vue de l’exploitation française ? Après quelques recherches effectuées à tête reposée, la réponse tombe comme une évidence, d’autant plus rageuse quand on se rend compte du film que ça aurait pu donner.

Le personnage de Francis Costello n’a en fait jamais été écrit pour Johnny Hallyday. Il avait été écrit à la base pour… Alain Delon. Une référence au personnage de Jeff Costello, le tueur solitaire que Delon interprétait dans… Le samouraï, de Jean-Pierre Melville, en 1967. Et la boucle de se boucler, cadrant parfaitement avec l’esprit du film (on comprend d’autant mieux l’attitude de notre trio de héros). Visiblement, To avait rencontré Delon à Paris et n’imaginait personne d’autre pour le rôle. Il faut savoir que Delon est une quasi divinité en Asie, justement grâce au film de Melville, dont l’atmosphère chevaleresque et la fascination pour l’Orient obsèdent les cinéastes de Hong Kong depuis très longtemps (John Woo a avoué à de nombreuses reprises son culte pour Melville, qui lui aurait donné envie de faire du cinéma). Ainsi, le projet de Johnnie To était donc de ressusciter le tueur du Samouraï, quarante ans plus tard, dans le labyrinthe de la ville de Hong Kong, faisant de Vengeance la suite directe (bien qu’officieuse) du Samouraï de Melville. On se rend alors compte de la noblesse du projet, sorte d’hommage destiné à rendre à César ce qui lui appartenait. Mais malheureusement et pour des raisons que lui seul connaît, Delon se retira du projet à la dernière minute…

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"Doumage."

Et les producteurs français en charge de l’acteur principal de proposer Hallyday… To n’ayant visiblement aucune idée de qui ce mec pouvait bien être se vit remettre deux DVDs…. de ses concerts au stade de France !! (o_O) Officiellement, "To fut convaincu de sa présence scénique" à la vue desdits concerts, mais impossible de ne pas voir ici une sombre histoire de deal à l’amiable, d’autant plus quand les bruits de tournage font écho d’un Hallyday mendiant sans cesse plus de temps de parole, alors que To lui expliquait en homme d’images que "les dialogues l’ennuyaient" et que "rien ne valait le silence" (en gros : ferme ta gueule quoi).

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"Mais non on est copaings, ah que regardez !"

Vengeance est donc une déception, d’autant plus flagrante de par l’aspect flamboyant de ses qualités. Clairement, la prestation monstrueuse de nullité de Johnny Hallyday en interdit le moindre achat en DVD (mais alors, interdit de chez interdit !), tandis que la majesté de ses scènes d’actions donne envie de les revoir à foison. Vengeance ferait donc un parfait argument dans la campagne de lutte anti-Hadopi : trop nul pour être acheté, mais trop bon pour être oublié, Vengeance se doit tout simplement… d’être téléchargé.

* : lol

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